Présentation du projet

Publié par Cécile Hurbault

Le Bunraku : un voyage vers un spectacle

projet porté par Cécile Hurbault de la compagnie Jeux de Vilains

Lorsqu'en 2007 j'ai commencé à me pencher sur l'éventualité d'un voyage en Asie, ma première intuition avait été de me tourner vers le Japon. Finalement, après réflexion, je m'étais intéressée à l'Asie du Sud-Est en me disant que cette région de l'Asie serait une bonne porte d'entrée pour découvrir les arts traditionnels et que je reviendrai à mon idée de Japon plus tard.

J'ai exploré pendant plusieurs années en Asie du Sud-Est les arts de la scène et plus particulièrement la marionnette d'ombres. C'est surtout en Indonésie que l'exploration a été la plus forte : quatre voyages là-bas, deux résidences de mes amis indonésiens en France, une exposition "carnet de Voyages en Asie", et la création de trois spectacles dont le dernier autour du Mahâbhârata avec un Gamelan (orchestre traditionnel) au complet.

Cette forte expérience me pousse à aller explorer d'autres univers traditionnels avec l'envie de m'en inspirer et de mettre en application ces techniques sur un univers contemporain.

Le temps d'aller étudier le Bunraku, l'art de la marionnette traditionnel du Japon, est arrivé.

Un art que j'ai déjà étudié

Hormis les nombreux ouvrages que j'ai lu, j'ai également déjà exploré l'art du Bunraku au travers de deux stages.

J'ai effectué un stage de trois semaines chez Arketal (centre de formation de marionnettes à Cannes) où j'ai construit dans la pure technique traditionnelle une marionnette de Bunraku : sculpture du bois, de toutes les pièces mécaniques de la tête, des articulations... J'ai déjà donc un vision plutôt précise de la construction.

J'ai également suivi un stage de manipulation de Bunraku traditionnel (à trois manipulateurs donc) avec la compagnie Contreciel. Même si l'intervenant ne travaillait pas dans la pure tradition japonaise, j'ai pu acquérir des bases très solides de manipulation de ce type de marionnette.

Un premier voyage au Japon pour m'immerger

Il s'agira en premier lieu d'aller au Japon visiter différentes compagnies qui pratiquent l'art du Bunraku ou tout autres "dérivés".

L'enseignement du Bunraku au Japon est très codifié et exige un long apprentissage avant même d'avoir le droit de toucher à la marionnette. J'ai donc tout à fait conscience que je ne peux pas aller m'initier à cette forme tel que je l'ai fait avec le Wayang Kulit Indonésien en quelques mois. Je n'aurai ni le temps de construire, ni de manipuler. Ce voyage sera donc différent, il sera une immersion faite principalement d'observation.

Je vais aller visiter différents troupes avec l'idée de passer une semaine ou dix jours par lieu. Je passerai du temps avec Koryu Nishikawa en banlieue de Tokyo, puis avec la troupe Mokogu-sha et le maître Kanroku, puis je finirai ce premier séjour par quelques jours sur l'île de Sado qui regorge de compagnies traditionnelles.

Un spectacle au bout du voyage

Même si l'idée précise du spectacle qui découlera de cette exploration n'est pas encore très précise, des univers me trottent en tête : la Commune de Paris, Louise Michel, l'idée d'une roman initiatique, la vie d'un peuple.... j'ai envie de raconter un parcours, une forme d'épopée qu'elle soit à échelle individuelle ou collective.

Pour ce prochain spectacle, je rassemblerai probablement une équipe autour de moi de quelques personnes. Je (ou nous ?) construirai (ons ?) les marionnettes en suivant la technique traditionnelle de sculpture du bois et des mécanismes des yeux et de la bouche. Pour autant, l'esthétique ne sera probablement pas japonaise, à moins que le voyage ne me fasse changer d'avis... ?

Un deuxième voyage au Japon avec l'équipe est envisagé courant 2016 au sein d'une "résidence d'artiste" pour travailler le spectacle qui aboutira probablement sur 2017 environ.

 

La DRAC-Centre soutient l'accompagnement culturel de ce projet proposé à deux classes de l'école primaire de Lailly en Val.

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